Le Luxembourg conserve son statut d'"innovateur fort"
Le Luxembourg reste un « innovateur fort », se plaçant une nouvelle fois au-dessus de la moyenne de l'UE, selon le European Innovation Scoreboard 2026.
Abigail Okorodus
Publié chaque année par la Commission européenne, le 2026 European Innovation Scoreboard évalue les performances en matière de recherche et d'innovation des 27 États membres de l'UE, de 13 pays voisins et de 11 concurrents mondiaux. Les pays sont classés en quatre catégories selon leur score par rapport à la moyenne de l'UE: innovateurs de pointe (au-dessus de 125%), innovateurs forts (entre 100% et 125%), innovateurs modérés (entre 70% et 100%) et innovateurs émergents (en dessous de 70%).
Le Luxembourg se classe 7ᵉ parmi les États membres de l'UE pour la deuxième année consécutive, avec un score de 115,8 % par rapport à la moyenne de l'UE et conserve sa place dans le groupe des innovateurs forts, aux côtés de la Belgique (5ᵉ), de l'Allemagne (9ᵉ) et de la France (10ᵉ). La Suède, le Danemark et les Pays-Bas dominent le classement de l'UE, tandis que Malte a fait parler d'elle cette année en intégrant pour la première fois le groupe des innovateurs forts. Au-delà de l'UE, la Corée du Sud reste le concurrent mondial le plus innovant, suivie de la Chine, du Canada et de l'Australie.
Une main-d'œuvre qualifiée, principal atout du pays
Le principal atout du Luxembourg demeure ses travailleurs professionnels. Le pays se classe 2ᵉ dans l'UE en matière de ressources humaines, avec une part élevée de la population titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur, et 1ᵉʳ dans l'UE pour l'emploi de spécialistes des TIC. Le European Startup & Scaleup Scoreboard place de même le Luxembourg au 1ᵉʳ rang de l'UE pour son vivier de talents.
Le rapport souligne toutefois que le faible nombre de diplômés nationaux en sciences, ingénierie et informatique rend les jeunes entreprises fortement dépendantes de talents étrangers et transfrontaliers pour combler ce manque.
Système de recherche: toujours 1ᵉʳ dans l'UE, mais en léger repli
Le Luxembourg conserve sa première place au sein de l'UE pour la catégorie « systèmes de recherche attractifs », qui repose notamment sur les copublications scientifiques internationales, la part de doctorants étrangers et la qualité de la production scientifique. Le pays a enregistré cette année ses meilleurs scores en matière de copublications public-privé, de proportion de doctorants étrangers et de copublications scientifiques internationales.
Le score global de cette catégorie a toutefois reculé de 4,9 points de pourcentage par rapport à 2025, principalement en raison d'une baisse de la part des publications scientifiques luxembourgeoises figurant parmi les plus citées au monde. Il s'agit néanmoins d'un repli conjoncturel plutôt que d'un renversement de tendance; depuis 2019, année de référence du EIS, le score du Luxembourg pour les systèmes de recherche attractifs a tout de même progressé de 21,4 points de pourcentage.
Productivité et collaboration: des performances solides
Le Luxembourg conserve sa 2ᵉ place dans l'UE en matière de productivité des ressources et du travail, une position inchangée par rapport à l'année précédente, avec un gain global de 8,3 points porté en grande partie par la productivité des ressources (+20,8). La productivité du travail a progressé de 1% et la productivité en CO₂, qui mesure les progrès en matière de décarbonisation, d'efficacité énergétique et d'adoption de technologies à faible émission de carbone, de 0,2 %.
Le pays se classe également 3ᵉ dans l'UE pour les liens entre recherche publique et entreprises privées. Il a enregistré ses plus fortes progressions depuis 2019 dans l'investissement en technologies de l'information (+55,2), la productivité des ressources et du travail (+41,2), ainsi que les partenariats (+40,8).
Entreprises, entrepreneuriat et innovation
D'après les données des années précédentes, le Luxembourg dépasse la moyenne de l'UE en matière d'activité entrepreneuriale globale (9,7 contre 7,7), de présence de jeunes entreprises à forte croissance (1,2 contre 0,9) et d'intensité numérique des entreprises (35,6 contre 34,2), tandis que la création d'entreprises et les flux nets d'investissements directs étrangers restent inférieurs à la moyenne européenne.
Les entreprises luxembourgeoises se distinguent par leur capacité à développer leurs propres innovations. Plus du double, par rapport à la moyenne de l'UE, introduisent des produits véritablement nouveaux sur le marché (12,9% contre 5,1%), et l'innovation de procédés est elle aussi plus répandue (14% contre 7,6%). Le rapport indique par ailleurs qu'environ un tiers des entreprises n'ont pas encore envisagé l'innovation, tandis que seulement 8,5% se contentent d'adopter des innovations développées par d'autres. Relativement peu d'entreprises inactives sont considérées comme disposant d'un potentiel d'innovation inexploité (15,9% contre 20,3%).
L'accès aux financements européens de la recherche constitue un autre atout: le financement Horizon Europe par chercheur atteint environ 16.663€, soit plus de trois fois la moyenne de l'UE, qui s'élève à 4.852€.
Le tableau européen et mondial
Les performances en matière d'innovation ont progressé de 11,6 points de pourcentage à l'échelle de l'UE depuis 2019, dont un gain de 1,7 point entre 2025 et 2026.
«Le moteur de l'innovation européenne a fait preuve de résilience. Chaque État membre a amélioré ses performances depuis 2019, et l'édition de cette année du Tableau de bord montre que la croissance repart. Mais la course mondiale est de plus en plus rude et nous ne pouvons pas nous permettre de ralentir. La stratégie en faveur des start-up et scale-up, EU Inc. et le futur Acte européen pour l'innovation constituent notre réponse, en posant les bases qui permettront à l'Europe de rester à la pointe de l'innovation pour les décennies à venir», déclare Ekaterina Zaharieva, commissaire européenne chargée des start-up, de la recherche et de l'innovation.