BPF: un soutien pour la coopération innovante à l’internationale
Depuis 10 ans, Luxinnovation contribue à la Business Partnership Faciility, permettant à des entreprises luxembourgeoises de s’associer à des acteurs étrangers pour générer de l’impact sociétal positif.
Jean-Michel Gaudron
La Business Partnership Facility célèbre, en 2026, son 10e anniversaire. Cet outil de cofinancement permet à des entreprises de mettre leurs technologies ou savoir-faire au service de projets à fort impact. Ces projets peuvent prendre différentes formes: étude de faisabilité dans le pays concerné, mise en œuvre d'une version pilote sur un nouveau marché, structuration d’une filière de production ou encore déploiement à plus grande échelle d’une solution.
BPF, mode d’emploi
Lancé à l’initiative de l’État luxembourgeois, et mis en œuvre par LuxDev, l’agence luxembourgeoise pour la Coopération au développement, en partenariat avec la Chambre de Commerce, Luxinnovation et le ministère de l'Économie, cet dispositif permet d’atteindre un montant de 300 000 EUR (représentant au maximum 50% du coût total du projet soumis) pour des projets d’entreprises intégrant une dimension durable, en partenariat avec des acteurs de pays en développement.
Plus de 50 projets ont été soutenus en 10 ans, dans plus de 20 pays, en grande majorité en Afrique, mais aussi en Europe, mobilisant plus de 15 millions EUR en investissements publics et privés et contribuant à la création de plus de 2.200 emplois.
Luxinnovation, partenaire de la BPF
Depuis 2020, Luxinnovation contribue au processus, en évaluant les dossiers soumis sous l’angle de l’innovation. Une trentaine de projets sont ainsi passés entre les mains des experts de l’agence.
«Afin d’accompagner les entreprises dans la soumission d’un projet à impact de qualité dans le cadre de la BPF, Luxinnovation propose un accompagnement gratuit portant sur la cohérence du dossier et la solidité du plan, notamment sur les aspects économiques et d’innovation», explique Alexiane Tinant, Advisor ‑ National Funding chez Luxinnovation.
e-LMA: transfert de compétences et création d’emplois qualifiés au Kosovo
Parmi ces projets : celui de la société luxembourgeoise e-LMA, spécialisée dans les logiciels de services pour l’industrie financière. En 2023, après avoir participé à une mission économique menée par la Chambre de commerce au Kosovo, son CEO, Jabir Chakib, a rapidement compris que le terrain était propice à de belles opportunités. «J’avais été surpris par la qualité des échanges», témoigne-t-il. «Je me suis vite rendu compte que le Kosovo, sous certains aspects, ressemblait au Luxembourg: un petit pays, dynamique, avec de grands voisins. Mais avec une différence majeure: il n’y a pas, là-bas, de place financière aussi développée. Ni dans les infrastructures, ni dans les lois.»
D’où l’idée de s’associer avec un acteur déjà présent sur place, en l’occurrence Swiss Premium, une entreprise active dans les services IT, pour proposer une solution de back-office à destination du secteur financier luxembourgeois, reposant sur de la main d’œuvre locale, formée aux métiers de la finance.
Nous avons reçu de précieux conseils quant à l’élaboration de note budget. Jabir Chakib, e-LMA
Des représentants de LuxDev participaient également à cette mission économique. Le sujet Business Partenership Facility s’est rapidement invité dans les conversations. «Nous y avons vu un grand intérêt. Pas uniquement pour l’aspect financier, même si, bien sûr, le cofinancement apporté nous a permis de lancer concrètement nos opérations sur place, en recrutant une équipe locale et en dédiant 20% de son temps à la formation. Ce qui a beaucoup joué aussi, c’est l’accompagnement et le soutien permanent de LuxDev. Nous avons pu rester alignés avec les objectifs de développement et d’impact de la BPF.»
L’apport de Luxinnovation a également été prépondérant dans le processus, notamment pour l’aspect budgétaire. «Nous avons reçu de précieux conseils quant à l’élaboration de note budget. Et dans le cadre d’un meeting avec notre partenaire Swiss Premium et le ministère de l’Économie, nous avons eu des échanges très challengeants pour tester la solidité de notre projet.»
Des échanges réussis, puisqu’en septembre 2024, le projet d’e-LMA a été retenu par la BPF, avec l’octroi d’un co-financement d’un montant de 200.000 EUR.